Preparer votre fiv

Le rôle du père dans la conception et la santé du futur enfant

Outre l’aide à l’amélioration de la fertilité, Fertil-In s’est donné comme mission d’accompagner ses utilisateurs vers une meilleure santé pour eux et pour leurs futurs enfants. Car sachez le, ce que vous faites maintenant, aura un impact sur la santé de vos futurs enfants et des futurs adultes qu’ils deviendront. C’est ce que l’on appelle la santé transgénérationnelle et de nombreuses publications sortent chaque jour à ce sujet. Le rôle de la mère y est souvent mis en avant...
Néanmoins, celui du père, qui est ”responsable” pour 50% du futur enfant est également primordial. C’est pour cette raison que nous avons demandé au Pr Umberto Simeoni, éminent spécialiste dans ce domaine et Président de notre Comité Médical et scientifique, d'écrire un article à ce sujet.

Ainsi, de notre point de vue et de celui du Professeur Simeoni, chaque personne (femme + homme) en désir d’enfant, qu’elle soit en situation d’infertilité ou non, devrait avoir une approche péri-conceptionnelle en adoptant de bonnes habitudes idéalement 3 à 6 mois avant la conception et par la suite.

"Le père, un acteur majeur de la santé du futur enfant"

Selon le Pr. Umberto Simeoni:

"
La femme, la mère est souvent considérée au centre du processus de la reproduction. Au point qu’elle est la première à se sentir responsable dans le cas où sa grossesse ou la naissance de l’enfant qu’elle aura porté ne se passent pas aussi bien qu’attendu. Cette même idée se retrouve lors d’une situation d’hypofertilité alors que le souhait de concevoir l’enfant est dans la plupart des cas partagé avec son partenaire.
Le rôle de l’homme et du père, s’il est différent, est cependant tout aussi important!

Les 1000 premiers jours de la vie (de la conception au 2ème anniversaire de l’enfant, schématiquement) sont une période unique de sensibilité de l’enfant à l’environnement, dont il captera de nombreux signaux pour réguler son développement et sa santé lorsqu’il sera adulte.

Le père ou futur père est un acteur majeur de cet environnement, physique, mental, affectif, et du style de vie du couple. Ces facteurs environnants contribuant tous à l’orientation initiale de la trajectoire de vie que suivra l’enfant en termes de bien-être, ou de risques de santé, et qu’il pourra lui-même transmettre, le moment venu, à ses descendants.

L’impact du mode de vie parental sur l’enfant, du modèle d’alimentation aux relations affectives et éducatives, en passant par l’activité physique, la qualité du sommeil, les comportements, l’exposition au stress et aux toxiques, est autant d’origine paternelle que maternelle.

nouveau ne et papa
Ces signaux, favorables ou défavorables, sont d’ailleurs perçus par le bébé également durant la grossesse. Simplement de façon différente.
Nous savons désormais que le mode de vie du père (autant que de la mère), avant même la conception, peut laisser des marques sur leurs gamètes (les spermatozoïdes pour le père, l’ovocyte pour la mère). Ces marques pourront, dans certains cas, être transmises à l’embryon lors de la conception.

Différentes études scientifiques, dans le domaine épidémiologique comme dans celui de l’expérimentation animale, ou de la biologie moléculaire, ont montré que des caractéristiques non génétiques, acquises à partir de l’environnement et du style de vie des parents, peuvent être transmises à l’enfant. Elles peuvent influencer ses régulations biologiques tout au long de sa vie, voir être transmises sur plusieurs générations. Ce phénomène est considéré aujourd’hui comme un facteur initial important dans le risque pour de nombreuses maladies chroniques de l’âge adulte, comme les maladies cardio-vasculaires, métaboliques (la diffusion actuellement « pandémique » de l’obésité en témoigne probablement), respiratoire, neuro-psychiques, et l’infertilité...
En particulier, il a été montré que certains comportements alimentaires sub-optimaux du père avant même la conception peuvent affecter les régulations métaboliques des descendants, et créer un risque de diabète, indépendamment de tout facteur génétique ou relationnel, dans un modèle animal. Ceci vient bouleverser notre connaissance de la transmissibilité inter- et trans-générationnelle, qui a longtemps été considérée comme la propriété des seuls caractères innés, génétiques, ou de facteurs de type culturel. Ce qui a amené les auteures d’un article sur ce thème : « You Are What Your Dad Ate » - vous êtes ce que votre père a mangé - (Ann Ferguson-Smith & Mary-Elizabeth Patti, Cell Metabolism, 2011, étude de Ng et de Carone).

Ces observations font probablement intervenir la transmission intergénérationnelle de modifications épigénétiques de la méthylation de l’ADN de certains gènes impliqués dans ces fonctions. Ces marques épigénétiques affectent le niveau d’activité des gènes correspondants, sans modifier la structure génomique, donc sans effet « génétique ».
poings papa bebe
Il a été montré que la transmission intergénérationnelle de caractères acquis peut également faire intervenir d’autres mécanismes épigénétiques, impliquant notamment les ARNs non codants (micro-ARNs) transmis par le sperme des descendants mâles, après une exposition maternelle à un stress majeur (Gapp et al) .
Les observations faites chez l’homme, dans la cohorte suédoise d’Överkalix, ont montré que certaines causes observées de mortalité étaient liées à l’exposition des grands-pères des sujets masculins, ou des grand-mères des sujets féminins, à un déficit nutritionnel durant leur propre enfance. Cela ajoute donc une spécificité sexuelle à la transmission trans-générationnelle (Pembrey et al).
Ces études suggèrent l’intérêt d'agir de façon préventive sur la santé du futur enfant et de ses descendants en optimisant le mode de vie de ses parents et en limitant les expositions environnementales entourant les premiers stades de développement de l'enfant, et ceci dès la période pré-conceptionnelle, en cas de projet d'enfant.

Et... sans oublier le rôle primordial du père dans ce contexte!”
Références :
Gapp, K., Ziegler, L. von, Tweedie‐Cullen, R. Y., & Mansuy, I. M. (2014). Early life epigenetic programming and transmission of stress-induced traits in mammals. BioEssays, 36(5), 491‑502. https://doi.org/10.1002/bies.201300116

Ferguson-Smith, A. C., & Patti, M.-E. (2011). You Are What Your Dad Ate. Cell Metabolism, 13(2), 115‑117. https://doi.org/10.1016/j.cmet.2011.01.011

Pembrey, M., Saffery, R., Bygren, L. O., & Epidemiology, N. in E. (2014). Human transgenerational responses to early-life experience : Potential impact on development, health and biomedical research. Journal of Medical Genetics, 51(9), 563‑572. https://doi.org/10.1136/jmedgenet-2014-102577


Nouveau commentaire


Flux RSS des commentaires

Preparer votre fiv